Comment faire son entrée dans le monde professionnel à la suite d’un DSAA? Une ancienne élève partage son expérience.
Les débouchés professionnels auxquels conduit le DSAA ne sont pas clairement définis. Les possibilités aussi diverses soient-elles restent souvent à nos yeux
assez floues et l’on a peu de retours concernant les voies empruntées par les anciens élèves.
C’est pourquoi j’ai souhaité me pencher sur le parcours de Sara, une ancienne élève du DSAA Design d’espace, installée depuis peu à son compte.
Elle nous parle dans cet interview de la création récente de son entreprise.
* combien de tps as tu mis à te lancer après ton DSAA? quand as-tu senti que c’était le bon moment?
Je me suis lancée environ deux ans après mon DSAA. Je travaillais dans une bonne agence d’architecture Yes Architectes à St Etienne où j’ai beaucoup appris car
j’ai pu mener des projets en autonomie, et puis des projets importants sont tombés à l’eau…bilan: licenciement économique. Je me suis alors lancée dans différents
appels d’offres/appels à projets, avant même de terminer mon boulot, 3 ont marché. J’ai alors décidé de me lancer.
* comment as-tu trouvé le financement nécessaire à la création de ton entreprise? Quels sont les principaux frais liés à sa création?
bénéficies-tu d’une quelconque aide à la création d’entreprise?
L’avantage de nos métier de service est que nous avons besoin de peu d’investissement.
Pour commencer un lieu, un ordinateurs/appareil photo/imprimante…suffisent. Le plus dur est de pouvoir continuer à vivre financièrement en même temps,
et c’est la que les assedics ont été d’une grande aide, j’ai été suivi en tant que parcours créateur d’entreprise pendant un an. Lorsque je ne facturais pas, j’avais une aide.
* pourquoi as-tu choisi le statut d’indépendante? quels sont pour toi les avantages/inconvénients principaux liés à ce statut?
Etre indépendant c’est avoir une grande liberté de manoeuvre, on choisit sur quoi on veut travailler/à quoi on veut répondre, on définit notre propre rythme.
S’il faut travailler un jour 16h et sortir lorsqu’il y a un creux c’est possible, on gère notre temps, ce qui est souvent moins évident en entreprise.
Reste qu’il faut être disponible pour répondre au téléphone!
Les inconvénients? forcément plus de stress et de responsabilité. Souvent je me plains qu’il y est trop de travail, dès que j’ai une semaine trop cool je flippe!
* où se situe ton bureau/atelier? de quel matériel disposes-tu? comment s’organise ton travail?
Mon atelier se situe pour l’instant chez moi, un espace dédié au travail que je partage avec Victor Vieillard, concepteur lumière. Je préfère pour l’instant limiter
les frais fixes, et cela me permet de ne pas passer ma vie à l’atelier.
La plupart du temps je me déplace chez mes clients, mais les représentants de matériaux/entreprises, et collaborations viennent à l’atelier.
C’est un atelier du coup assez convivial que les gens aiment bien.
Mes RDV à l’extérieurs sont aussi une respiration dans mon rythme de travail.
Pour le matériel j’ai tout ce qu’il faut pour faire/présenter des projets de design d’espace!
J’organise mon travail, en fonction des projets, toujours un agenda sous la main. Je m’auto-organise une réunion du lundi matin avec les choses à faire et hiérarchise les priorités.
* en quoi consiste ton travail pour le moment? comment choisis-tu les projets sur lesquels tu travailles?
Pour l’instant je travaille sur des projets très diversifiés: scénographies urbaines éphémères, espaces urbain pérenne, interventions lumière, architecture intérieure…
Les facettes de mon travail sont nombreuses à la fois designer d’espace, plasticienne, scénographe…tous ces champs d’action se recoupent et ont pour lieu commun
leur rapport à l’espace. L’espace de la ville, d’un lieu, diurne ou nocturne, pérenne ou éphémère… La démarche de conception ne diffère pas pour autant.
Le projet répond d’abord à un contexte général, qu’il soit spatial, fonctionnel, culturel ou historique… Les «circonstances» du projet alors établies il est possible
de se réapproprier, d’interpréter cet espace pour imaginer un projet «sur-mesure».
Je choisis les projets selon le contenu de la commande, si elle est précise, bien ficelée, avec des enjeux je me lance. Le projet/sujet, la visibilité du projet sont aussi importants.
Parfois ce sont d’autres personnes qui viennent me chercher pour une collaboration (graphiste, designer produit, architecte…), je collabore notamment souvent
avec Victor Vieillard, concepteur lumière, car nous sommes assez complémentaires dans notre vision de l’espace: la matière s’associe à l’espace!
D’autre part l’avantage d’avoir fait des études en DSAA pluridisciplinaire est de se créer un réseau d’amis-concepteur.
* travailles-tu en collaboration avec d’autres designers/entreprises?
Comme je disais ci dessus, je suis restée dans la lignée de la méthodologie de projet développée en 1ere année de DSAA, le projet de design global vus par différents
acteurs du design est souvent très enrichissant. Pour l’instant environ 50% de mes projets sont des collaborations. En plus c’est parfois rassurant de partir à plusieurs
pour de gros projets, cela partage le stress et les responsabilités. De même on a plus de poids pour répondre à des appels d’offre à budgets plus importants.
* comment parviens-tu à te faire connaître, te construire un réseau? participes-tu à des évènements (salons)?
Je me fais connaitre en discutant avec les gens, par le bouche à oreille. Sinon la meilleure manière de se faire connaître est de faire des projets, souvent un projet en
amène un autre.
Certains projets amènent beaucoup de publication/communication, par exemple le projet de réhabilitation de la cour de récréation dans le cadre de la biennale
du design de St Etienne en 2008 a été bien diffusé et visité, ce type de projet est un plus. Nous travaillons avec le commanditaire sur le projet d’éditer une petite
publication sur ce projet en particulier par exemple.
Je n’ai jamais participé à un salon, un tort?
* quand as-tu créé ton site internet et pour quelles raisons? cela comporte-t-il des risques d’exposer son travail ainsi? est-il protégé?
J’ai créé mon site internet dès le départ, c’est à mon avis primordial pour se faire connaître aujourd’hui. Il y a toujours des risques de plaggia c’est sûr, mais cela
ne me fais pas vraiment peur, l’essentiel est d’être toujours en avance, tant pis si quelqu’un copie un projet que j’aurais déjà réalisé, il sera en retard!
Bon je dis ça mais évidemment cela ne me ferait pas plaisir.
* avec le recul, que t’a apporté ta formation en DSAA? est-ce pour toi une formation professionnalisante? est-ce que ça te paraît possible/judicieux de se lancer
directement après un DSAA?
Les réponses ci dessus témoignent des avantages! Je dirais que c’est une formation professionnalisante dans le sens où cela prépare à être un bon concepteur,
à se poser les bonnes questions. C’est primordial, si on est plus faible techniquement par exemple c’est moins grave, cela s’apprend avec l’expérience.
J’ai trouvé bien d’avoir une expérience en agence avant de me lancer, d’autant plus important pour comprendre les rouages du métier.
Après c’est une question de caractère, directement après le DSAA pourquoi pas? Cela dépend aussi de la spécialité je pense, entre DSAA Textile ou Espace par exemple
les risques/responsabilités du métier sont vraiment différents.
* quelles sont les difficultés majeures que tu rencontres alors que tu démarres tout juste ta carrière professionnelle?
L’information! Difficile de trouver une personne capable de comprendre ton cas particulier et de te renseigner.
Il faut vraiment partir à la pêche aux renseignements, des fois contradictoires. Je me pose aujourd’hui toujours de nombreuses questions d’ailleurs.
* quels sont tes projets pour l’avenir?
Continuer!